4. PATRIMOINE NATUREL ET BATI PAYSAGES
Erosion de la biodiversité |
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Carte 13 Patrimoine naturel |
Des menaces et des potentialités diverses selon les parties du territoireEn tenant compte des différents éléments mis en évidence dans les autres approches sectorielles, il est possible de souligner de manière générale les principales tendances qui se dégagent au niveau sous-régional. Il est évident que des nuances existent au niveau local. L'objet est ici de donner une vision d'ensemble en termes de menaces et de potentialités. Au nord du sillon Sambre et Meuse et plus précisément dans les zones soumises à une forte pression due à l'urbanisation, comme le Brabant wallon, le principal enjeu est de conserver des zones d'intérêt biologique de superficie suffisante et bien reliées entre elles, de façon à ce qu'elles puissent jouer leur rôle dans le réseau écologique; cela concerne la vallée de la Dyle et de la Lasne ainsi que celle de la Senne. L'agriculture familiale traditionnelle devra notamment faire face au défi de la reconversion de l'agriculture dont une des évolutions possibles serait une intensification des pratiques. Cette adaptation peut également être perçue comme une opportunité à saisir pour tenter de diversifier les activités liées communément à l'agriculture (activités de loisirs, touristiques, produits d'appellation d'origine contrôlée, etc.). Cette tendance se dessine dans le Hainaut occidental notamment à travers la mise en place de deux parcs naturels. La nécessaire reconversion du tissu industriel du sillon ne peut se faire sans tenir compte de la richesse existante ou potentielle des sites d'intérêt biologique qu'il recèle. Signalons notamment la plaine marécageuse de la dépression de la Haine, liée au bassin de l'Escaut pour lequel un projet de valorisation existe dans le cadre de l'objectif 1, et la vallée de la Haute-Sambre en voie d'être constituée en parc naturel. La vallée de la Haute-Meuse constitue également un important maillon du réseau. Si, globalement, la valeur du patrimoine naturel y est élevée, les pressions y sont importantes. Elles sont notamment dues à l'expansion des activités de loisirs et plus généralement à la pression touristique qui est particulièrement importante dans des communes comme Dinant et Hastière. Les vallées de la Lesse inférieure et de la Semois inférieure connaissent une situation semblable. La reconversion de ces régions vers des vocations touristiques ou de loisirs est l'une des voies permettant de faire face au déclin économique qu'elles connaissent. Dans certains cas, cette reconversion se fait au détriment des milieux naturels, support pourtant essentiel du tourisme dit "vert". Le cas de l'Entre-Sambre-et-Meuse, qui abrite un patrimoine naturel exceptionnel, est relativement similaire, bien que cette région soit soumise à des pressions moins importantes. La valorisation du patrimoine naturel y est également vue comme une opportunité en termes de reconversion, comme en témoigne le parc naturel qui se met en place. Sur le plateau condruzien, région mixte culture-élevage, le secteur agricole suivra la tendance lourde qui se dessine, à savoir l'agrandissement des exploitations et la diversification des activités. Cette région connaissait déjà cette tendance et abrite globalement des ensembles naturels de moindre valeur. Son attractivité et sa bonne accessibilité par rapport aux pôles urbains induiront d'autre part une pression urbaine. Dans les bordures forestières de l'Ardenne centrale, les enjeux de conservation de la nature se posent principalement par rapport aux pratiques sylvicoles qui, bien qu'en évolution, ne peuvent assurer les conditions nécessaires au maintien de nombreuses espèces. Plus globalement, à l'échelle de la Wallonie, la sauvegarde de la diversité des milieux forestiers est l'un des défis à relever en matière de protection de ce type de milieu. Les domaines militaires tels que ceux de Marche-en-Famenne, de Lagland (abritant le marais de Landbruch, patrimoine majeur wallon) et d'Elsenborn occupent des surfaces importantes permettant le développement des cycles biologiques. Ils constituent des éléments essentiels du réseau écologique. Ils sont actuellement affectés en zone de services publics et d'équipements communautaires destinée aux activités d'utilité publique ou d'intérêt général, ce qui autorise potentiellement leur urbanisation. Les hauts plateaux ardennais tels que la Croix Scaille, le plateau de Saint-Hubert, le plateau des Tailles et les fonds de vallons qui y sont associés constituent, par la richesse et la diversité des milieux qu'ils abritent, des éléments fondamentaux du réseau écologique. De nombreuses réserves y ont été créées. Les pressions y sont relativement peu importantes. L'enjeu est de compléter ce réseau, d'assurer de bonnes relations entre ses différents éléments et de veiller à ce que l'évolution du contexte dans lequel ils se situent ne les mette pas en péril. Il convient de prendre toutes les mesures pour maintenir l'élevage dans l'Ardenne centrale, car l'agriculture est le garant du maintien d'espaces ouverts face aux pressions de l'urbanisation et du boisement. La vallée de la Haute-Sûre constitue un autre élément important. Un projet de parc naturel transfrontalier y est en voie de finalisation. Il devrait permettre de tirer parti de la pression touristique émergeant dans cette région, tout en ne mettant pas en péril la richesse du patrimoine naturel. La région des Deux-Ourthe connaît une pression touristique croissante, induite notamment par le développement des activités sportives de plein air. Le cours inférieur de l'Ourthe, la région de Marche-en-Famenne et le cours inférieur de l'Amblève connaissent cette situation de concentration touristique depuis de nombreuses années. Tous les types de milieux sont touchés : cours d'eau, milieux forestiers, cavités souterraines, escarpements rocheux. Ces espaces abritent cependant toujours des milieux naturels de grande valeur; s'ils sont de moindre étendue que ceux que l'on retrouve sur les hauts plateaux, ils restent importants dans la constitution du réseau écologique. Plus généralement, on peut penser que les régions au sud-est de Liège connaîtront une pression urbaine induite par la polarisation de plus en plus importante de cette ville et que le redéploiement économique de cette région aura des incidences sur les milieux naturels qu'elle abrite. La région Hautes-Fagnes-Eifel fait partie historiquement des régions économiquement et structurellement faibles. Sa reconversion vers le tourisme et la culture s'appuie en grande partie sur la beauté et la valeur de ses milieux naturels. La Lorraine belge, caractérisée par la richesse et la diversité de ses milieux naturels, connaîtra comme les autres régions herbagères une reconversion du secteur agricole susceptible, suivant les modalités développées, de porter plus ou moins atteinte au patrimoine naturel. Certaines parties de son territoire font également l'objet d'une pression urbaine ou liée au développement des activités économiques. Etant donné sa position dans l'aire de polarisation du Luxembourg et de la Lorraine française, ces tendances devraient se voir confortées. EnjeuSur le plan du patrimoine naturel, l'enjeu principal peut être résumé comme suit. Les conditions du maintien, du développement et de la mise en valeur des milieux naturels et des espèces protégées ou sensibles qu'ils abritent doivent être assurées dans l'optique du développement durable. |