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Aménagement du territoire et mobilité ont toujours été intimement liés. S’il est vrai que l’organisation structurelle des activités humaines influence la manière dont les personnes se déplacent, ces mêmes activités ont souvent vu leur localisation guidée par la présence d’infrastructures de transport (routes, voies ferrées, canaux). En Wallonie, près de 5 % de la surface du territoire sont d’ailleurs occupés par ces infrastructures et leurs abords.
L’impérieuse nécessité d’économiser l’énergie et de limiter les impacts négatifs du transport routier (émissions polluantes, bruit, congestion,...) nous conduit maintenant à pousser l’adaptation de la mobilité à l’aménagement du territoire plutôt que le contraire. En effet, la mobilité des personnes et des biens ne peut suivre un développement anarchique, indépendant de toute considération d’organisation spatiale des activités qu’elle dessert. C’est pourquoi l’aménagement du territoire doit structurer l’espace pour permettre à chacun de se déplacer librement, ce qui est un droit fondamental de l’individu. Mais il doit le faire de telle sorte que chaque individu exerce sa liberté sans grever la qualité de vie de ses concitoyens ni nuire à la pérennité de son environnement. En outre, de nouveaux enjeux doivent être pris en compte et gérés à travers une mobilité organisée durablement. Il s’agit de la gestion parcimonieuse du sol et des émissions de CO2 notamment.
La hiérarchisation du réseau est un premier pas vers une structuration claire des infrastructures de transport. En Région wallonne, le réseau routier géré par le Ministère de l’Equipement et des Transports (MET) est réparti en 3 classes principales : le réseau à grand gabarit (RGG), le réseau interurbain (RESI) et le réseau autonome des voies lentes (RAVeL). Trois classes, trois objectifs. À ce réseau, il faut encore ajouter les routes provinciales et communales dont la longueur estimée pour 2000, est respectivement de 714 et 69 100 km.
Le RGG est porteur du signe de la mobilité. Avec ses 1 340 km d’autoroutes et de voies rapides, le RGG relie les grands centres d’activité en Wallonie mais assure également un lien avec les grands pôles situés hors des frontières régionales. Les artères autoroutières à elles seules drainent près de 30 % du trafic routier total de la région et ont vu ce trafic augmenter de plus de 70 % en 10 ans.
Le RESI symbolise l’accessibilité. Ce chevelu interurbain de près de 6 500 km fournit des droits égaux aux usagers quel que soit leur mode de déplacement. La fonction de transit y est secondaire ; dès lors il est plus compatible avec les fonctions riveraines (logement, commerces, ..).
Enfin, le Réseau autonome de voies lentes (RAVeL) se veut l’image de la convivialité. Il offrira près de 2 000 km de voiries aux usagers lents non motorisés. Il a un potentiel touristique et de détente important puisqu’il permet des parcours, soit courts, soit longs, en empruntant des sites propres (chemins de halage, voies de chemin de fer désaffectées, etc.) à l’écart des infrastructures existantes. Par ailleurs, il dessert les lieux d’habitat des grands centres ou des villages et permet ainsi d’offrir une alternative aux autres moyens de transport pour y accéder. |