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Le terme “urbanisation” recouvre des notions différentes, propres au regard de l’observateur : l’économiste n’a pas la même approche que le sociologue, l’architecte et le géographe ont leur propre perception du sujet. L’urbanisation désigne d’une part, un état et d’autre part, un processus. 
Concrètement, l’urbanisation, en tant qu’état, comprend l’ensemble des territoires couverts par les villes elles-mêmes et leur proche périphérie ainsi que les territoires des centres qui assurent, dans l’espace rural, la diffusion de services et de biens. Au point de vue sociologique, on peut considérer que l’ensemble de la population wallonne est urbanisée.
La population “urbanisée” peut être saisie à partir de données de densité. Ainsi, on peut considérer la densité de 25 habitants par hectare comme un seuil minimum de l’urbanisation. Le noyau urbain peut quant à lui être défini comme une zone dont la densité dépasse 50 hab./ha. Ces espaces correspondent généralement aux coeurs des villes.
Sur base du seuil de 25 hab./ha, selon le recensement de 1991, la population “urbanisée” est estimée en Wallonie à 49,5 % et couvre un territoire de 3,1 %. Il apparaît ainsi que la moitié, à peine, de la population habite dans des zones atteignant un seuil minimum de densité urbaine.
Force est de constater que l’évolution 1981-1991 (voir tableau ci-après) montre clairement le glissement de la population des centres les plus denses, vers les zones périphériques. Ce phénomène, particulièrement marqué dans les grandes villes telles que Liège et Charleroi, est également sensible dans de nombreux autres centres urbains, même s’ils sont de petite taille.
L’image de l’urbanisation fait clairement apparaître le sillon Haine, Sambre et Meuse, les couloirs entre le sillon et l’agglomération bruxelloise et, au sud du sillon, quelques pôles (Ciney, Marche, Rochefort, Dinant,..) et les centres du Sud-Luxembourg. 
Il existe essentiellement deux grandes formes d’urbanisation : d’une part, les centres spatialement individualisés (les entités allant de l’agglomération à la petite ville et au bourg), d’autre part les centres de tailles diverses englobés dans un tissu urbain plus lâche prenant la forme de banlieues classiques ou de zones à urbanisation hétérogène.
La gestion du territoire a véritablement vu le jour en 1947 avec la création de l’Administration de l’Urbanisme dont la première mission fut de coordonner la reconstruction. Sans souci des traditions, dans l’illusion de la croissance permanente, les “aménageurs” découpent l’espace selon une vision fortement cartésienne et un zonage essentiellement unifonctionnel. On rassemble dans différents endroits les usines qui polluent, les entreprises “propres”, les grands immeubles pour les plus démunis, les villas pour les plus nantis, un campus pour l’université, l’hôpital loin de la ville et partout des routes pour les relier.
Depuis, la gestion de l’espace et le souci du cadre de vie et du patrimoine paysager sont devenus progressivement une préocupation dans nos régions. Une nouvelle philosophie se développe et tente d’appliquer un principe de base du Code wallon d’Aménagement du territoire, de l’Urbanisme et du Patrimoine (CWATUP) : la gestion parcimonieuse du sol en recentrant le développement sur les villes, en maîtrisant l’urbanisation et en renforçant les noyaux urbains et ruraux. Aujourd’hui, le taux d’occupation des terrains, dans les zones d’habitat aux plans de secteurs, est en moyenne inférieur à 40 %.
La volonté actuelle est d’associer différentes fonctions qui étaient auparavant séparées dans l’espace : l’habitat, le commerce, les PME de services, ... afin de redonner aux villes leur rôle attractif et multifonctionnel.
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