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Comme les villes, nos villages remontent à des temps immémoriaux, ils ont traversé les siècles et les cultures en affirmant leurs spécificités : le relief, le tracé des rues, la disposition des bâtiments. Les matériaux et les techniques de construction ont à l’évidence évolué ; par contre, la morphologie des villages et leur typologie n’en sont pas moins des éléments structurels qui ont connu une grande stabilité dans le temps.
Certes, l’urbanisation croissante et l’implantation omniprésente autour des infrastructures routières ont partiellement bouleversé l’équilibre ville-campagne. Le ”mitage” de l’espace rural et la banalisation de l’architecture autour de bourgs et villages sont à l’image de ce qui frappe les périphéries urbaines.
Pour infléchir cette évolution et retrouver une intégrité paysagère et fonctionnelle propre à l’espace rural, un règlement général sur les bâtisses applicable aux zones protégées de certaines communes en matière d’urbanisme (RGBSR) a été adopté par les autorités régionales en 1985, à la suite d’un autre règlement applicable, celui-ci, aux centres urbains.
Dans l’esprit de cet atlas, nous ne reprenons pas le RGBSR dans son application mais bien dans ses fondements analytiques. Ceux-ci permettent de qualifier la ruralité wallonne dans son volet urbanistique. Pour rappel, ce règlement a pour but de reconnaître et de protéger les spécificités des villages dans leur structure urbanistique fondamentale.
En effet, c’est dans le domaine spatial que la ruralité prend tout son sens. Le fonctionnement socio-économique de la Wallonie, la répartition des villes et villages sur le territoire ont conduit à un modèle sociologique où la distinction rural/urbain est peu significative. Par contre, l’inscription dans le paysage des villages, leur structure, le rapport entre le bâti et le non-bâti sont bien caractéristiques du monde rural.
Huit régions agro-géographiques, ou régions rurales, ont été reconnues, elles se situent en dehors des agglomérations et des axes industriels. Dans ces régions, parfois encore nuancées en sous-régions, le patrimoine rural bâti possède sa propre typologie si on s’arrête aux années cinquante.
À ce jour 21 villages disséminés dans la Région ont reçu un label de l’association “Les plus beaux villages de Wallonie”. Ces villages ont été reconnus à la fois pour la valeur de leur cadre de vie, la qualité de l’architecture des bâtiments, l’harmonie des matériaux employés et des couleurs.
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La typologie du patrimoine bâti rural est caractérisée par 4 éléments :
- Le mode d’implantation : sur l’alignement, parallèlement ou perpendiculairement à celui-ci ou avec recul défini.
Exemple : l’Ardenne se caractérise par une disposition perpendiculaire à la chaussée.
- L’implantation des volumes principaux et le rapport longueur de pignon/longueur de façade.
Exemple : Évolution du rapport, partant, en Lorraine belge, de façades étroites et de pignons profonds, en passant en Ardenne, par des plans avoisinant le carré, et atteignant, sur les plateaux limoneux, des pignons étroits et des façades allongées.
- Les gabarits : les hauteurs minimales sous gouttières à atteindre, les hauteurs à ne pas dépasser et la pente des toitures.
Exemple : de la toiture faiblement inclinée en Lorraine belge à la toiture fortement inclinée sur les plateaux limoneux.
- Le type de matériaux d’élévation et de couverture.
Exemple : en Lorraine un matériau de parement calcaire sableux ou en crépi, en Fagne-Famenne un matériau de couverture des toitures en ardoise naturelle ou artificielle.
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